Jusqu'à présent, j'ai raconté. J'ai déroulé ma traversée, mes prises de conscience, des lieux, des rencontres, des moments de joie et de concrétisation, des moments où le sol s'est dérobé sous des certitudes que je croyais acquises. Le récit avait sa nécessité. On ne pense pas dans le vide. On pense à partir de ce qu'on a vécu, de ce qui nous a traversés, de ce qui a fait craquer en nous les évidences héritées. Mais le récit, à un certain point, atteint sa limite.